Changement d’ambiance à Brest, sous un ciel radieux, pour l’inauguration de la ‘Villa E-Roise’, qui scellait, le 12 octobre, la participation de Trécobat à l’initiative Comepos. Ici, tous les collaborateurs de Trecobat avaient été mobilisés pour l’événement. Les journalistes parisiens, arrivés par l’avion du matin, avaient rejoint l’ensemble de la presse régionale conviée à la conférence de presse, rue Peter Blake. L’événement dépassait même le cadre régional. La maison Comepos a été construite dans un joli lotissement boisé qui domine le quartier d’Océanopolis et le port de plaisance où Olivier de Kersauzon s’était jadis illustré dans la restauration des plaisanciers. C’est là que se tiennent, tous les quatre ans, les célébrissimes ‘Fêtes maritimes’ de Brest.

 

Le maire de Brest Métropole, François Cuillandre, venu couper le ruban tricolore de la maison Comepos en compagnie de Marcel Tréguer, président de Trécobat, se félicitait du dynamisme du Groupe qui pèse environ 25% du marché français. Pour Comepos, c’est un allié majeur, par sa réputation, sa compétence, mais aussi parce qu’il s’est recentré sur les primo-accédants qui représentent aujourd’hui près de 50% des contrats de maisons individuelles signés depuis le 1er janvier 2016. L’élégante maison en terrasse est flanquée d’un garage devant lequel est garée une voiture électrique. Le ton est donné : la Villa E-Roise, connectée sur les technologies les plus performantes, fait référence à la mer d’Iroise qui baigne le Finistère. C’est un recel d’innovations et un motif de fierté en Bretagne.

Des années d’avance sur le marché

L’intérêt de la presse pour une maison qui anticipe le bien-être des cinq ou six prochaines années était manifeste, le 12 octobre, à Brest. Pour Alban Boyé, le directeur général de Trécobat, l’adhésion au projet Comepos s’inscrit naturellement dans la politique d’innovation du Groupe : « Nous avons 2200 maisons basse consommation à notre actif  et comptons 380 collaborateurs. Nous avons créé autant d’emplois à Lannilis, à notre siège, qu’en dehors. Nous avons même enregistré une progression de 15% fin août sur les 12 derniers mois pour atteindre le volume de 900 contrats de maisons individuelles… Notre métier, c’est de construire des belles maisons performantes. Privilégiant l’archi-tecture, la technicité et le confort et l’éthique, vis-à-vis de nos clients, nous sommes devenus le seul constructeur dans le Grand Ouest associé au projet Comepos. La villa E-Roise est une maison confortable de 145 m2, complètement équipée et meublée. Habitable de suite ! La tablette Delta Dore permettra d’optimiser les bons usages énoncés dans le programme Comepos. Par exemple, le générateur de chauffage constitue une vraie rupture technologique. Nos partenaires sont impliqués dans cette opération ambitieuse depuis un an et demi. »

Règle numéro un : le confort

Etienne Wurtz, parlant au nom de Comepos qu’il anime depuis plusieurs années souligne l’importance de cette audace technologique pour le succès d’une étude de longue haleine: « Comepos a permis la mise en place d’un consortium industriel… Aujourd’hui, il faut rechercher des innovations au-delà des exigences de consommation énergétique où l’on est allé parfois très loin. Nos objectifs sont d’apporter du confort, d’établir des consommations équilibrées sur toute une année et, surtout, d’appliquer ce protocole de construction et de recherche dans toute la France en respectant les traditions des constructeurs. Il s’agit de maisons où on respecte la qualité de l’air, la consommation basse et la qualité de vie des habitants. »

Location puis proposition d’achat

Comepos doit favoriser la construction de maisons à énergie positive, la création de systèmes et de composants inédits et un pilotage optimisé de la consommation d’énergie. En fait, il s’agit de mettre à la disposition des résidents d’une maison individuelle un véritable GPS anti-gaspi sans affecter le confort. Alban Boyé a également précisé les conditions de construction et d’accès à cette maison, bâtie dans ce site agréable, sous les pins maritime : « Nous avons fait travailler depuis plus d’un an une équipe projet et mis en œuvre de nouveaux leviers de développement. Après, nous entrerons dans une phase d’expérimentation avec de ‘vrais gens’. Pour cela, nous allons lancer un appel à candidats à travers la presse et sur Facebook pour ‘vérifier’, en quelque sorte, les performances réelles du projet. Nous ferons à ces locataires une proposition d’achat au bout de deux ans. Pendant ce temps-là, un sociologue étudiera leur ressenti. »

François Cuillandre, le maire de Brest Métropole, a saisi l’opportunité de cette rencontre pour, il était important, dans une ville qui fut reconstruite très vite après-guerre, après les bombardements qu’elle avait subis, de mettre en exergue l’initiative de Comepos et son association avec les Maisons Trécobat  : « J’étais venu le 28 janvier pour la pose de la première pierre… Trécobat est une entreprise qui rayonne. Elle est essentielle à notre économie, à notre vitalité. Je suis heureux que cette entreprise soit brestoise. Brest, ville ‘reconstruite’ après la Libération, se caractérise par ses immeubles, véritables passoires énergétiques. Nous menons une opération ‘Energie’ avec la Caisse des dépôts pour corriger ce phénomène. C’est une ambition collective. »

Un concentré de savoir-faire

Régis Croguennoc, l’ingénieur et le directeur de la R&D du Groupe Trécobat, a décrit les caractéristiques de cette maison conçue pour une famille de quatre per-sonnes qui compte, à l’étage, trois chambres (dont une ‘suite parentale’), une mezzanine, une salle de bain et une salle d’eau : « Nous avons fourni un effort importants pour former les professionnels depuis 2009. Notre compétence, c’est de répondre aux contraintes énergétiques. Le matériau choisi est le parpaing rectifié sur deux faces monté en pose collée. Grâce à la pompe à chaleur CO2 pour l'ECS et au générateur thermo-électrique pour le chauffage, le niveau de consommation est très faible. Le générateur thermo-électrique ACOME, résultat concret d’un partenariat entre la Recherche et l’entreprise, permet aussi de refroidir l'été. L’E-Roise est aussi une maison 3.0. »

Le dispositif Ventilairsec permet de veiller à la qualité de l’air. Il s’agit d’une ventilation par insufflation.. « Le nouvel enjeu, c’est la question de l’humidité et du CO2, explique Michèle Potard de Ventilairsec. Avec cette mise en légère surpression, le radon ne remontera pas dans la maison. Ce système d’insufflation était utilisé dans les hôpitaux et pour les salles blanches. Mais pas dans le résidentiel. L’air est filtré et les filtres retiennent les particules fines. Nous avons travaillé avec l’Ecole de Santé Publique. Le pré-chauffage permet au système d’être accepté. L’été, on surventile. Cela procure un air neuf et sain dans les pièces. La mauvaise qualité de l’air et la présence du radon ne se voient pas… On dit que le radon, en termes d’effets sur la santé, est aussi dangereux que le tabagisme passif. » La villa E-Roise est entièrement chauffée par un plafond rayonnant hydraulique à très basse température, par une circulation d’eau à 25°C. La diffusion de la chaleur par rayonnement la rend plus agréable et homogène que les systèmes qui chauffent l’air.

Eprouver les meilleures solutions techniques

Autres matériels innovants : les vitrages à contrôle solaire (Saint-Gobain Glass Solutions et Armen Industrie pour la menuiserie), les gaines électriques (Sweetohms) qui suppriment les champs électromagnétiques dans la maison, des plaques de plâtre anti-COV (Siniat), l’économie d’eau chaude sanitaire (Grohe et TecControl, une batterie de stockage (Tecnideal) et les onduleurs ‘intelligents’ pour la fluctuation de l’énergie solaire (Imeon-Energy). Delta Dore assurant toute la domotique de la maison…

Lorsque la ‘Villa E-Roise’ sera occupée, les sociologues étudieront l’évolution de leurs usages domestiques quotidien et mesureront le degré d’acceptation de toutes ces technologies. Les paramètres liés aux consommations énergétiques, à l’hygrométrie, à la qualité de l’air ou à la consommation d’eau seront suivis en temps réel par une batterie de capteurs Delta Dore placés dans les pièces. « Dans le domaine énergétique, notre objectif est d’arriver à une autoproduction réelle couvrant entre 50 et 70 % des besoins, a indiqué Régis Croguennoc. Les chercheurs du CEA, du CNRS et le pool Recherche et développement créé par le groupe Trécobat étudieront à la fois les informations fournies par les habitants et les relevés des capteurs. Les données collectées seront régulièrement corrélées avec les modèles de calculs théoriques afin de vérifier la fiabilité des systèmes embarqués et de les faire évoluer, éventuellement. »

Une nouvelle intelligence de la maison

Dans l’après-midi du 12 octobre, le vaste auditorium d’Océanopolis était plein pour une rencontre instructive avec les acteurs du projet. Beaucoup de personnalités locales et de chefs d’entreprises. L’opération ‘séduction’ de Trecobat’ et Comepos fut parfaitement réussie.

Etienne Wurtz rappelle les enjeux de cette initiative nationale mise en œuvre grâce à la coordination et à la mobilisation des ‘Constructeurs-Aménageurs-FFB’. Aujour-d’hui, le succès d’un tel défi repose sur les épaules des neuf constructeurs qui se sont engagés à construire 25 maisons. Parlant en tant que chercheur du CEA, Xavier Faure est revenu sur la nécessité de protéger l’air intérieur. Les particules fines piégées par les alvéoles pulmonaires et, très fines, dans le sang peuvent affecter gravement la santé. Il y a même, désormais, un soupçon concernant les nanoparticules. Ainsi un monitoring et des valeurs guide s’appliquent aux établissements recevant du public, aux écoles et aux établissements recevant des enfants de moins de 6 ans. Les termes les plus fréquemment apparus, dans cette discussion vespérale, furent ceux de « vraie vie » et de « vrais gens ».

Dans sa conclusion, Etienne Wurtz a apporté le contrepoint à une foi excessive dans les révolutions technologiques. Comepos, c’est aussi ‘raison garder’: « Simplifier, ce n’est pas régresser. Il faut des installations intelligentes pour aller vers des maisons ‘intuitives’. Il faut transformer l’intelligence en intuition pour avoir quelque chose de robuste, qui fonctionne. Ne s’agit-il pas de mieux utiliser les ressources en dehors de la maison, en harmonie avec son environnement pour que ça devienne abordable ? Il faut privilégier le confort, du confort sur les quatre saisons et la qualité de l’air. Il faut trouver des solutions plus simples. Et les étendre à l’échelle d’un quartier. Pour la RT2020, on ne pourra pas aller plus loin dans l’isolation. Mais on pourra demander aux habitants d’être plus intelligents, de prendre conscience de leurs usages. »